Témoignages de militant·es opposé·es au nucléaire

Le nucléaire, un sujet d’expert·es, éloigné des préoccupations des citoyen·nes ? Avec 56 réacteurs nucléaires en service, la France est le pays le plus nucléarisé au monde par nombre d’habitant·es. Cela nous concerne donc toutes et tous, malgré l’absence de débat démocratique. C’est ce que rappellent plusieurs militant·es anti-nucléaires dont nous publions les témoignages ci-dessous. Nous avons toutes et tous des raisons légitimes de lancer l’alerte et de dénoncer le risque nucléaire, même loin des cercles de décision.

Anaïs, militante Greenpeace

La première fois où j’ai entendu parler du nucléaire, c’est mon père qui, l’oeil pétillant, m’avait décrit cette technologie. (…) Il avait aussi mentionné les déchets radioactifs dangereux…

Anaïs milite pour la protection de l’environnement et a rejoint Greenpeace dans ses combats. Elle est aussi aujourd’hui très engagée dans la lutte contre le nucléaire, bien qu’ayant grandi avec le mythe du nucléaire et la promesse, qu’un jour, on saurait que faire des déchets radioactifs…

Bernard, président d’une association au Blayais

Notre action est de rendre visible ce qui ne l’est pas.

Bernard est président de l’Association de défense des sites et habitants de Haute-Gironde (ADSHHG), une association engagée sur de nombreux combats environnementaux locaux. Cette association est membre de la Commission locale d’information (CLI) sur le nucléaire. Bernard, qui réside à proximité de la centrale nucléaire du Blayais, en Gironde, se bat notamment pour plus de transparence.

Jean-Paul, agriculteur retraité à la Hague

Nos actions, au départ, ont consisté à surveiller la pollution radioactive autour des sites, que ce soit la pollution marine, des ruisseaux ou la pollution atmosphérique.

Jean-Paul, agriculteur à la retraite, s’est engagé contre le nucléaire dans les années 1970. Il vit dans un territoire lourdement nucléarisé : le Cotentin, en Normandie, où se trouve notamment l’usine Orano de retraitement de la Hague. Jean-Paul a participé à de nombreuses actions de surveillance et a contribué à alerter sur des fuites et des pollutions radioactives dans la région. Il continue à militer contre cette « industrie du passé ».

Gabriel, riverain de la centrale de Fessenheim

Sous nos pieds, nous avons la plus grande réserve d’eau potable d’Europe. En cas d’accident nucléaire, elle serait polluée.

Riverain de Fessenheim, Gabriel a milité activement pour la fermeture de cette centrale nucléaire, inquiet des risques que faisaient courir ces réacteurs vieux de plus de quarante ans sur sa famille (il est père de deux filles) et sur la population locale. Son combat n’a pas été facile, dans un contexte où rares étaient celles et ceux qui osaient dire publiquement leur opposition au nucléaire.

Mara, autrice, riveraine de Cattenom

En cas d’accident majeur à la centrale nucléaire de Cattenom, en France, mon pays entier, le Luxembourg, serait dévasté et inhabitable pendant des décennies.

Mara est autrice de livres pour enfant. Elle vit au Luxembourg, à deux pas de la centrale nucléaire de Cattenom situé près de la frontière, côté français. Mara militait déjà dans les années 1980 contre la construction de cette centrale. Aujourd’hui, elle milite encore activement, d’autant plus préoccupée par l’état de vieillissement des centrales nucléaires. Elle garde malgré tout espoir qu’à moyen terme, ces réacteurs nucléaires appartiendront définitivement au passé.

Le nucléaire n’est pas un impératif : c’est un choix politique, sur lequel chaque citoyen et citoyenne a son mot à dire. On a toutes et tous des raisons légitimes de dire non au nucléaire : faisons-le savoir !